Il Blog di Enzo Bianchi

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​Fondatore della comunità di Bose

Rencontrer un homme pour connaître Dieu

03/06/2012 00:00

ENZO BIANCHI

Riviste 2012,

Rencontrer un homme pour connaître Dieu

Panorama

Panorama, 03 juin 2012

 

di Enzo Bianchi

La réponse à la « gnose », aujourd’hui comme hier, est l’adhésion à Jésus, qui, en se faisant homme, a conduit l’homme à Dieu lui-même.

Il semble que les chrétiens aient actuellement à refaire face, dans leur dialogue avec ceux qui ne peuvent croire ou qui croient différemment qu’eux, à ce phénomène qu’on appelait la « gnose » aux premiers siècles de notre ère. Les pères de l’Église déjà ont dû lutter contre ces courants, par ailleurs très diversifiés.

Le mot grec gnosis signifie connaissance : la gnose indique une « voie spirituelle » qui promet le salut, le bonheur, la béatitude à travers la connaissance, par un processus intellectuel et une expérience qui permettent à l’initié de comprendre, de savoir. Si le contenu et les modalité de cette « connaissance » peuvent varier, demeure dans ce mouvement la conviction que le salut n’est pas donné par grâce, par un don gratuit de Dieu, mais qu’il y faut un parcours accompli par la personne humaine pour atteindre une illumination, un réveil intérieur. Ainsi la gnose séduit : elle invite au protagonisme, elle semble satisfaire le désir de recherche de la vérité sans obliger à se confronter avec la dureté et l’altérité du Dieu vivant, trois fois saint. Elle offre au contraire une union avec le divin qui se joue dans l’émotion, dans l’imaginaire, dans une harmonie pacifique.

La gnose constitue donc un programme d’autoréalisation humaine : selon cet enseignement, l’homme aurait en soi-même tous les moyens pour se sauver et s’accomplir. Si Dieu n’y est pas nié, il est pourtant confondu avec une présence cosmique que les hommes pourraient discerner sans qu’aucune révélation venant de Dieu lui-même ne soit nécessaire. La gnose nie ainsi l’humanisation de Dieu en Jésus de Nazareth, lequel a invité tout homme à se mettre à sa suite pour rencontrer le Dieu vivant et vrai.

 

Je ne crois pourtant pas que les chrétiens aient à s’effrayer devant de tels phénomènes, ni qu’ils aient à s’y opposer par une polémique angoissée. C’est au contraire l’occasion pour eux d’approfondir leur foi dans l’incarnation, de prendre davantage conscience de l’humanisation de Dieu en Jésus : c’est ce dernier précisément – homme comme nous, dans la fragilité et la mortalité de cette condition – qui nous a fait le récit de Dieu, par sa vie quotidienne faite de paroles et d’actions. C’est en nous tournant vers lui que nous comprendrons qui est Dieu, car Jésus est le visage du Dieu invisible, il est celui qui a fait le récit du Dieu que nous ne pouvons voir de nous-mêmes.

Ce que nous avons à « connaître » et à croire de Dieu est donc ce que Jésus nous en a montré ; et non pas nos propres projections. Ce Dieu n’est pas un démiurge pervers qui déprimerait la personne humaine, mais un Seigneur ami des hommes, qui s’est lui-même révélé à eux à travers un de leurs semblables. La réponse à la « gnose », aujourd’hui comme hier, est donc l’adhésion à Jésus, qui, en se faisant homme, a conduit l’homme à Dieu lui-même.

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